Les amants du Pilat

Dans un hameau isolé de la commune de Maclas, les époux Jean-Claude Martin, cultivateurs, vivaient en mauvaise intelligence, à tel point que l'épouse Isabelle avait délaissé son mari pour son beau-frère Antoine. Tous deux n'avaient qu'un désir : le supprimer pour vivre heureux.

L'occasion s'en présenta le soir de la foire de Pélussin. Jean-Claude Martin, qui, à son habitude, était rentré ivre, s'était endormi sur son lit... Les deux complices eurent alors l'idée diabolique de le "saigner comme un cochon !" Antoine mania le couteau et Isabelle recueillit le sang dans le seau destiné à cet usage.

La passementerie dans le Pilat


La passementerie est une branche de l'industrie textile, qui concerne la fabrication de rubans ou de petites pièces de tissus, en général très ornées : écussons, galons, étiquettes, etc.

La passementerie a été une industrie florissante dans le Pilat au XIXe siècle particulièrement dans les villages de Jonzieux et Saint-Genest-Malifaux. Ce fut d'abord une activité essentiellement artisanale : les passementiers installaient leur atelier souvent dans leur maison, au premier étage. On voit encore de ces habitations avec de hautes fenêtres à l'étage. Le travail se faisait en famille : mari, femme et enfants participaient chacun suivant ses forces et ses capacités à la production familiale.

Le métier Jacquard a surtout été utilisé par les passementiers du Pilat car il permet la réalisation de motifs complexes et donc de pièces de plus grande valeur. La machinerie est le plus souvent alimentée par la force hydraulique : les ateliers sont installés le long d'une rivière ; la force de l'eau entraîne une roue à augets qui elle même fait tourner toutes les machines de l'atelier par l'intermédiaire de grandes courroies.

Progressivement la passementerie s'industrialise : les ateliers grossissent, deviennent des usines qui emploient du personnel ; l'énergie de l'eau est remplacée par l'électricité ; de nouvelles fabrications, non destinées à l'industrie textile, voient le jour (câblerie électrique, cordes, etc.).

Pourtant aujourd'hui la passementerie a pratiquement disparue du Pilat ; une des dernières usines, celle de la Terrasse-sur-Dorlay, a cessé son activité en 1994. Deux musées retracent l'histoire de cette industrie et permettent encore d'admirer ces œuvres d'art que sont les pièces de passementerie : la maison de la Passementerie, à Jonzieux et la maison des Tresses et Lacet, à la Terrasse-sur-Dorlay, dans les locaux de l'ancienne usine. Dans ces deux lieux, on remettra en marche, pour les visiteurs, d'immenses métiers Jacquard authentiques.