La Jasserie du Pilat


La Jasserie est un but d'excursion qui attire beaucoup de promeneurs. Les courageux pourront y assister au lever de soleil sur les Alpes, un spectacle magnifique. L'hiver, les pistes de ski croisent dans le coin. De la Jasserie, on rejoint rapidement le saut du Gier.

Les amants du Pilat

Extrait des
souvenirs d'audience
de Marguerite Fournier




Malgré le recul du temps, je conserve de ce procès un souvenir horrifié : je n'avais jamais vu, et ne reverrai jamais, figurer aux pièces à conviction un seau, un coutelas et un sac de... cendres humaines ! Il en fut pourtant ainsi le 27 février 1932.

Dans un hameau isolé de la commune de Maclas, les époux Jean-Claude Martin, cultivateurs, vivaient en mauvaise intelligence, à tel point que l'épouse Isabelle avait délaissé son mari pour son beau-frère Antoine. Les deux amants n'avaient qu'un désir : supprimer le mari pour vivre heureux.

L'occasion se présenta le soir de la foire de Pélussin. Jean-Claude Martin, qui, à son habitude, était rentré ivre, s'était endormi sur son lit... Les deux complices eurent alors l'idée diabolique de le "saigner comme un cochon !" Antoine mania le couteau et Isabelle recueillit le sang dans le seau destiné à cet usage.

Ce geste odieux fut suivi d'un autre plus odieux encore : le transport du cadavre dans la grande cheminée de la ferme où il se consuma toute la nuit. Au petit matin, les assassins éprouvèrent le besoin de se sustenter et firent chauffer leur café sur le brasier humain. On ne saurait pousser plus loin le cynisme.

Pourtant à les voir tout près l'un de l'autre et la main dans la main dans le box des accusés, ils ne semblent pas bien terribles et on a de la peine à les imaginer auteurs d'un pareil forfait. Ils ont reconnu les faits et ne cherchent même pas à se défendre. Trois avocats stéphanois le font pour eux : Maitre Desgeorges, Maitre Clerc et Maitre Le Griel. Le procureur Layral qui occupe le siège du ministère public requiert la peine de mort, et il sera écouté.

Trois mois plus tard, Antoine Martin montait à l'échafaud dressé pour la dernière fois sur la place publique (les exécutions suivantes auront lieu dans la cour de la prison). Il mourait courageusement. Quant à Isabelle Barre, sa peine ayant été commuée en celle des travaux forcés à perpétuité, elle était transférée à la centrale de Montpellier où elle ne tardera pas à mourir... probablement de chagrin.