Les viaducs de Pélussin


Utilisé au début du siècle par la Galoche ou Tacot (train de campagne qui reliait, de 1905 à 1931, Saint-Etienne, Saint-Chamond, Pélussin et Maclas), le viaducs est maintenant réservé aux piétons.

Le coup d'œil jeté prudemment par dessus la rambarde quand on se trouve juste au milieu de la grande arche donne le frisson et mérite un petit détour.

Joseph Gerin - Le bandit du Pilat

De petits vols ont commencé à se produire dans la région, surtout de la nourriture, et surtout dans les lieux que Gerin connaissaient déjà : de boeufs, une volaille, des légumes arrachés au jardin. Il n'en fallait pas plus pour la peur s'installe. On voyait ou on imaginait voir Gerin à la tombée de la nuit, se glisser dans l'ombre des haies ou se faufiler à travers bois.

Tout à coup les vols cessaient ici pour reprendre dans un autre village, à quelques kilomètres, répandant la peur un peu plus loin.

Dans cette ambiance de peur et de superstition, un incendie se déclare à la Sagne, près de Pélussin. L'occupant de la maison, un dénommé Blaise est retrouvé carbonisé. On apprend bien vite qu'il a été assassiné et qu'on lui a volé ses économies. Tout le monde suspecte Gerin bien sûr mais il n'y a pas de témoin. Les gendarmes font leur enquête. Eux aussi ont sans doute les mêmes soupçons mais Gerin est introuvable.

Et puis, en 1925 (ou peut-être 1924), ce fut le tour des Fargier : leur maison, qui se trouvait au dessus de Chavanay, a brûlé et le père Fargier est mort dans l'incendie. Mais la mère Fargier a tout vu : le bandit s'est fait ouvrir la porte et a tué son mari de sang froid. Il l'a ensuite menacée pour qu'elle lui donne de l'argent. Comme elle refusait, il l'a attachée et enfermé dans une des pièces de la maison pour fouiller tranquillement. En partant, Gerin a mis le feu.

Mais la mère Fargier, bien que âgée, ne manquait pas d'énergie : se souvenant d'un endroit où une brique tenait mal dans le galandage, et toute attachée qu'elle était, elle a réussi, à coup de pieds à faire un trou dans la cloison pour s'échapper.

Gerin a finalement été pris et condamné aux travaux forcés à perpétuité. Il en a peu "profité" : il est mort en 1926, peu après son jugement, sur le bateau qui l'emmenait à Cayenne.